La junte militaire reporte sine die le retour à la démocratie multipartite tout en dissolvant les partis d’opposition majeurs.
Par Ben Bangoura
La Guinée bascule vers une dictature sévère et un pouvoir centralisé aux mains d’un seul homme. Suite à une élection présidentielle contestée ayant exclu les principaux dirigeants de l’opposition guinéenne, le ministre de l’administration du territoire national a annoncé, sur ordre du chef de la junte et président auto-proclamé Mamady Doumbouya, la dissolution de 40 partis politiques, dont l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le RPG du président déchu Alpha Condé, ainsi que l’UFR de Sidya Touré, pour manquement à leurs obligations légales, selon le communiqué publié ce vendredi 6 mars. Ces trois partis, actifs depuis plus de trois décennies, représentent les principales formations politiques du pays et détiennent plus de 90 pour cent de l’électorat national.
Un autre parti politique d’importance majeure radié par le régime d’exception de Conakry est le Parti démocratique de Guinée, le parti qui a mené la Guinée à l’indépendance en 1958 sous la direction du président Ahmed Sékou Touré. Il convient également de noter la disparition du PUP, le parti de l’Unité et du progrès créé dans les années 1990 pour soutenir la présidence du général Lansana Conté qui a duré 24 ans
Le Premier ministre Bah Oury a récemment procédé à l’ouverture d’une crèche en exprimant son souhait de voir les partisans de la junte se former en parti politique pour soutenir les initiatives du chef de l’État
Dans une allocution dominicale musclée destinée à tous les Guinéens, Cellou Dalein Diallo, leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée et ex-chef de file de l’opposjtion, considère que le président auto-proclamé de la Guinée a dépassé les bornes et lance un appel à la résistance. « Face à Mamadi Doumbouya et son clan, seule la résistance nous permettra de récupérer nos libertés individuelles et collectives ainsi que nos droits confisqués », affirme-t-il, ajoutant que « la dictature ne passera pas, les tyrans tomberont tous, soyez-en sûrs ! ». Avec cette dissolution imprévisible dans ses conséquences, la Guinée s’enfonce dans une situation grave sous la direction d’un seul homme au pouvoir illégal et illégitime. Cette décision intervient pendant que les élections législatives et communales sont attendues pour mai 2026. AlloAfricaNews








































