La question, longtemps murmurée dans les cercles du pouvoir, s’impose désormais avec acuité au regard d’informations concordantes émanant du palais Mohamed V et de confidences recueillies auprès de membres de la protection rapprochée du chef de l’État. Derrière l’apparente continuité institutionnelle, un malaise profond s’installe au sommet de l’État guinéen.
Depuis plusieurs mois, le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, apparaît de plus en plus rare, affaibli physiquement et absent des grandes décisions de la gestion publique. Pour de nombreux observateurs avertis, la Guinée revit une séquence troublante rappelant les derniers mois du régime du général Lansana Conté : un chef de l’État officiellement en fonction, mais progressivement dépossédé de l’exercice réel du pouvoir.
Selon plusieurs sources proches du dossier médical présidentiel, Mamadi Doumbouya aurait été diagnostiqué d’un oligodendrogliome anaplasique, une forme rare et agressive de cancer du cerveau, à la suite d’une hospitalisation discrète au Maroc au mois de mai dernier. Cette pathologie se manifeste généralement par des symptômes neurologiques sévères, notamment des maux de tête persistants, des troubles cognitifs, des crises d’épilepsie ainsi que des altérations du comportement.
Des membres de son entourage immédiat rapportent avoir constaté, depuis plusieurs mois, des réactions inhabituelles, caractérisées par des sautes d’humeur, une fatigabilité extrême et des prises de décisions parfois incohérentes, alimentant les doutes sur sa capacité actuelle à exercer pleinement les fonctions présidentielles.
*Un président affaibli, un pouvoir sous perfusion*
Au-delà de ces informations médicales, l’évolution physique du chef de l’État interpelle. Amaigrissement marqué, perte de tonicité, visage souvent figé ou anormalement enflé : les images récentes contrastent fortement avec celles des premiers mois ayant suivi le coup d’État du 5 septembre 2021.
« Remarquez, il donne l’impression d’être constamment extirpé du sommeil, comme maintenu artificiellement en état de représentation », confie un membre de sa protection rapprochée.
Après un déplacement officiel au Rwanda et au Gabon, en mai dernier, Mamadi Doumbouya se serait rendu discrètement au Maroc pour y recevoir des soins dans un hôpital militaire. Depuis cet épisode, ses apparitions publiques se font rares, brèves et étroitement encadrées. Plusieurs sources évoquent un système de dopage médical destiné à lui permettre d’assurer ponctuellement des apparitions scénarisées.
« Le président n’est plus qu’un instrument », affirme clairement son entourage immédiat.
Dans des confidences que nous avons recueillies, des éléments de la garde présidentielle décrivent un président désormais dépendant d’un cercle restreint composé de militaires influents de sa garde, de membres du CNRD et de cadres du cabinet civil, avec à leur tête Djiba Diakité.
« Sa fougue a disparu. Son sourire aussi. En réalité, le président n’est plus qu’un instrument entre les mains d’un groupe qui agit pour ses propres intérêts », confie l’un d’eux.
« La situation est dangereuse. Nous sommes assis sur une poudrière et cela peut exploser à tout moment ».
Ces sources affirment que les décisions stratégiques échappent largement au chef de l’État, réduit à un rôle symbolique, tandis que les véritables arbitrages seraient opérés en coulisses.
*Une élection sans président*
Les interrogations deviennent plus préoccupantes à l’examen du récent processus électoral. Qui a réellement décidé de la candidature de Mamadi Doumbouya ? Qui a conduit la campagne contrairement à ce qui s’affiche ? A-t-il présenté un projet de société aux Guinéens ?
Le président n’a animé aucun grand meeting, n’a mené aucune tournée nationale et n’a tenu aucun discours de fond appelant clairement à voter. Même lors de la clôture de la campagne, il n’a livré aucun message à part les pas de danse. Après la proclamation des résultats le donnant vainqueur, silence absolu : ni allocution, ni adresse à la nation, ni message de remerciement.
Selon plusieurs témoignages concordants, l’ensemble des formalités administratives et stratégiques aurait été géré par le cabinet civil. Le président aurait été déplacé uniquement pour des prises d’images destinés à accréditer une normalité institutionnelle de façade.
*Silence des institutions, inquiétude nationale*
Depuis la proclamation des résultats, aucune réunion formelle du Conseil des ministres n’a été signalée. Aucune présentation de vœux par la hiérarchie militaire ou le gouvernement n’a eu lieu. À l’occasion du Nouvel An, la population n’a ni vu ni entendu celui qui était présenté comme « l’homme providentiel ».
*Pouvoir éclaté et climat de peur*
En coulisses, le climat est lourd. Le dispositif sécuritaire a été renforcé dans la campagne, et des discussions internes font état de scénarios de déstabilisation redoutés. Des opérations armées ont été menées la veille du scrutin dans un quartier de Conakry, révélant une nervosité extrême au sein de l’appareil sécuritaire.
Le pouvoir apparaît fragmenté entre le cabinet civil et le cabinet militaire, chacun contrôlant une parcelle d’autorité. Dans un tel contexte, selon plusieurs analystes militaires, le leadership réel reviendrait au commandant du Groupement des Forces Spéciales (GFS), unité stratégique mais désormais traversée par des logiques de clans.
*Vers une vacance du pouvoir de fait ?*
La question n’est plus marginale, la Guinée est-elle confrontée à une vacance du pouvoir de fait ? Un président proclamé élu mais invisible. Des institutions muettes.
Un pays gouverné par procuration.
Pendant que le silence persiste au sommet de l’État, la Guinée s’enfonce dans une zone grise institutionnelle, dont les conséquences politiques, sécuritaires et sociales pourraient s’avérer incalculables. Il est temps d’agir pour sauver le destin d’un peuple déjà affaibli par la répression, les kidnappings et disparitions forcées.
Anonymous 1er.














